La conférence de Rima Hassan à Strasbourg agit comme un révélateur : celui des tensions qui traversent notre société et des ambiguïtés qui fragilisent la parole publique. Face à ces enjeux, une seule voie est tenable : celle de la clarté, de la responsabilité et de la cohérence républicaine.
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La conférence de l’eurodéputée Rima Hassan, prévue ce 2 mai au centre culturel Marcel Marceau à Strasbourg, suscite de nombreuses réactions.

Dans ce type de situation, le pire serait de céder à la confusion : confusion entre le droit et l’émotion, entre la vigilance nécessaire et la surenchère politique, entre la défense des valeurs et leur instrumentalisation.

Notre responsabilité d’élus est précisément d’éviter cette confusion.

Tenir une ligne claire sur le cadre juridique

Il faut être clair collectivement sur le cadre juridique : une collectivité ne peut pas interdire une conférence en dehors des conditions strictement définies par la loi.

Le principe de liberté d’expression et de réunion est au cœur de notre pacte républicain. Il s’impose à tous, y compris lorsque les propos annoncés dérangent ou choquent.

Le rôle des élus n’est pas de se substituer au juge, mais de faire respecter ce cadre avec rigueur et cohérence.

Ne rien céder sur les principes

Pour autant, le respect du droit ne saurait servir de refuge à la complaisance.

L’antisémitisme, le racisme, la haine, la justification du terrorisme ne sont pas des opinions. Ce sont des atteintes aux fondements mêmes de notre République. Ils peuvent relever de la loi pénale et doivent être poursuivis sans faiblesse.

Dans une période où les tensions internationales, notamment au Proche-Orient, traversent notre société, certaines rhétoriques peuvent contribuer à banaliser des formes de haine qui ont déjà des conséquences bien réelles.

Les ignorer ou les relativiser serait une faute politique. Les combattre avec détermination est une exigence républicaine.

Préserver Strasbourg des tensions importées

Ce qui se joue ici dépasse un événement.

C’est la capacité de notre ville à rester un espace de cohésion, alors même que les fractures du monde s’invitent dans le débat local.

Strasbourg est une ville européenne, une ville de réconciliation. Elle ne peut pas devenir le théâtre d’affrontements par procuration entre des camps qui instrumentalisent des conflits internationaux.

Notre responsabilité est de protéger ce qui fait notre force : la capacité à débattre sans se déchirer, à confronter des idées sans fracturer la société.

Clarifier notre cadre d’action collective

Ces situations montrent la nécessité de clarifier notre cadre collectif.

Entre ceux qui voudraient interdire tout ce qui dérange et ceux qui refusent toute forme de régulation, il existe une voie exigeante.

C’est celle que nous défendons à CAP 21 :

un cadre juridique respecté sans approximation,
des règles transparentes,
une vigilance renforcée sur les contenus,
et une réponse ferme lorsque la loi est franchie.

Ni naïveté, ni surenchère. Ni censure, ni laisser-faire.

Assumer une écologie politique de responsabilité

À CAP 21, nous défendons une écologie politique qui ne se réduit pas à des postures. Une écologie de responsabilité, attachée aux libertés publiques, à la laïcité, et au refus de toutes les formes d’extrémisme.

Cela suppose de tenir une ligne exigeante, parfois inconfortable :

1. Défendre les libertés, même lorsqu’elles dérangent,
2. Refuser la banalisation de la haine, d’où qu’elle vienne,
3. Ne jamais instrumentaliser les peurs à des fins politiques.

C’est cette cohérence que nous devons aux citoyens.

Chantal Cutajar
Présidente de CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen


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