À trois jours des commémorations nationales des attentats du 13 novembre et à un mois de l’attentat du 11 décembre 2018 à Strasbourg, une mise en scène commémorative en hommage à Hind Rajab, petite fille palestinienne tuée à Gaza, a été installée sur la place Kléber.
Si l’émotion qu’elle suscite est indéniable, sa forme et ses conditions de réalisation soulèvent de sérieuses interrogations.
🔹 Une initiative qui trouble la mémoire collective
Strasbourg reste marquée par l’attentat du 11 décembre 2018. Dans cette ville blessée, les lieux de mémoire doivent demeurer des espaces de recueillement, non de confrontation symbolique.
L’installation d’un véhicule au cœur du centre piétonnier, accompagnée d’une projection sur les murs de l’Aubette, interroge la compatibilité de cette action avec le contexte sécuritaire et mémoriel de la cité.
À l’approche de la période du Marché de Noël, alors que la vigilance est à son maximum, comment un tel dispositif a-t-il pu être mis en place sans contrôle apparent ?
🔹 Des questions légitimes sur la sécurité et la responsabilité
CAP 21 – Strasbourg demande que la lumière soit faite sur les autorisations délivrées, les contrôles effectués et les failles éventuelles du dispositif de sécurité.
La place Kléber est une zone piétonne équipée de caméras de surveillance, soumise à des restrictions strictes d’accès.
Qui a autorisé l’installation de ce véhicule et la projection sur un bâtiment municipal ?
Quelles mesures ont été prises pour évaluer les risques et garantir la neutralité de l’espace public ?
🔹 L’espace public ne peut devenir un espace d’instrumentalisation
La compassion pour les victimes de toutes les guerres fait partie de nos valeurs communes.
Mais l’espace public ne peut être utilisé pour des actions militantes internationales sans cadre, ni concertation, ni discernement.
À Strasbourg, capitale européenne des droits de l’Homme, le respect du pluralisme et de la sensibilité de chacun doit primer.
On ne répare pas une souffrance en en blessant d’autres.
🔹 CAP 21 appelle à une écologie politique du respect et de la responsabilité
Fidèle à ses fondamentaux – laïcité, probité, démocratie citoyenne et respect du vivant – CAP 21 appelle à une clarification des règles d’usage de l’espace public.
Les expressions artistiques ou militantes ont leur place dans la cité, mais elles doivent être encadrées pour garantir la sécurité, la neutralité et la sérénité collectives.
Dans une période où les fractures s’exacerbent, la paix civile est un bien commun à protéger.
Strasbourg, ville symbole de la réconciliation européenne, mérite un débat apaisé et transparent sur l’usage de ses lieux emblématiques.
Chantal Cutajar
Présidente de CAP21-LRC
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