« L’Université libre de Bruxelles, haut lieu de savoir et d’esprit critique, s’apprête à donner le nom de Rima Hassan à la promotion 2025 de ses juristes. Dans un pays marqué par de tragiques attentats, associer une personnalité visée par des plaintes pour apologie du terrorisme envoie un message brouillé, contraire à la responsabilité qui incombe à l’institution. »

Réaction de Chantal Cutajar
Présidente de CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen
Maître de conférences à la Faculté de droit de Strasbourg

La décision de la promotion 2025 de la Faculté de droit et de criminologie de l’Université libre de Bruxelles (ULB) de porter le nom de Rima Hassan soulève une question fondamentale : quelles valeurs une institution universitaire entend-elle transmettre en associant durablement une génération de juristes à une personnalité publique ?

Nommer une promotion, ce n’est pas seulement honorer un parcours. C’est adresser un message à la société et aux futurs diplômés : voilà la figure que nous érigeons en modèle. Or, chacun sait que Rima Hassan est aujourd’hui au cœur de vives polémiques : plusieurs plaintes pour apologie du terrorisme, des propos remettant en cause la légitimité d’Israël, des déclarations qualifiées de clivantes et de nature à attiser la haine.

Une université ne peut pas se permettre l’ambiguïté. Elle doit incarner la rigueur intellectuelle, l’esprit critique, le respect des droits humains universels et la promotion d’un dialogue démocratique apaisé. Associer symboliquement ses diplômés à une personnalité dont les prises de position heurtent de plein fouet ces principes brouille le message envoyé à la société civile et fragilise l’autorité morale de l’institution.

Le choix de l’ULB résonne d’autant plus fortement que la Belgique a été frappée au cœur par de tragiques attentats terroristes. Dans un tel contexte, une université, lieu de savoir et de transmission, se doit d’incarner une exigence de clarté et de responsabilité dans les symboles qu’elle érige.

Comme universitaire, je crois profondément au rôle de l’enseignement supérieur : former des juristes capables de défendre la justice et la paix civile, non de consacrer des figures qui divisent et radicalisent.
Comme responsable politique, je rappelle que le respect des principes démocratiques, de la laïcité et de l’État de droit n’est pas négociable.

Le nom d’une promotion engage l’histoire d’une faculté. L’ULB, haut lieu de savoir et d’esprit critique, se doit de rester fidèle à cette exigence.

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