La conférence de presse de François Bayrou du 25 août a suscité une grande perplexité.
Annoncer qu’il solliciterait la confiance de l’Assemblée nationale relève davantage du symbole que d’une stratégie politique réaliste. Or notre pays n’a plus le luxe des symboles creux, ni des gestes spectaculaires qui n’aboutissent à rien. Il a besoin de décisions responsables, à la hauteur de la gravité du moment.
Car les Français traversent aujourd’hui une crise morale profonde. Ce n’est pas seulement une question économique, même si l’inflation, le coût du logement et l’érosion du pouvoir d’achat pèsent lourdement sur les ménages. C’est aussi une crise de confiance. Beaucoup doutent de la capacité de leurs dirigeants à entendre leur détresse, à respecter leur quotidien, à tracer un horizon crédible. Ils constatent un fossé croissant entre les urgences vécues et les débats qui agitent la classe politique.
Dans ce contexte, proposer un vote de confiance qui n’a aucune chance d’aboutir n’est pas seulement une erreur : c’est une faute politique, une fuite en avant destinée à masquer une incapacité à gouverner.
Chacun sait que la configuration éclatée de l’Assemblée rend impossible la constitution d’une majorité stable autour de François Bayrou. Le nier, c’est ignorer la réalité.
L’espérer, c’est prendre les Français à témoin d’une comédie politique. Et dans les deux cas, c’est irresponsable.
Un Premier ministre digne de ce nom ne met pas les parlementaires au pied du mur dans un bras de fer perdu d’avance. Son rôle est d’ouvrir la voie du dialogue, de rechercher des points d’accord, de construire du commun. De ce point de vue, l’échec est cuisant : il révèle une incapacité à faire vivre le dialogue démocratique. En demandant aujourd’hui une confiance qu’il sait pertinemment ne pas pouvoir obtenir, François Bayrou ne cherche qu’à masquer cette faillite politique.
Les Français attendent autre chose que des coups de théâtre institutionnels. Ils attendent qu’on leur parle de leur vie, de leur santé, de leur budget, de leurs écoles, de leurs hôpitaux, de leur sécurité. Ils attendent un gouvernement qui assume ses responsabilités et un Parlement qui travaille à l’intérêt général.
C’est pourquoi CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen appelle à changer de méthode. Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un faux choix. Non, nous ne descendrons pas dans la rue derrière La France insoumise, dont la stratégie du chaos menace la démocratie. Mais non, nous ne donnerons pas davantage quitus à une manœuvre inconséquente qui détourne des véritables urgences. Entre la peur et le désordre, il existe un chemin de responsabilité.
Ce chemin, c’est celui que nous proposons. Notre boussole est claire : la République et la laïcité comme cadre commun ; la démocratie de co-construction comme méthode ; la probité des élus comme garantie; et la protection du vivant comme finalité. C’est à partir de ce socle que nous voulons redonner confiance aux citoyens, en sortant des postures pour reconstruire un contrat démocratique exigeant, lucide et digne de la France.
La France a besoin d’élus qui se parlent, pas de coups de menton. Elle a besoin de dirigeants qui travaillent, pas de calculs tactiques. Elle a besoin de responsables politiques qui disent la vérité et qui assument la gravité du moment.
Il appartient désormais au Président de la République de tirer les conséquences de cette impasse. Gouverner, ce n’est pas multiplier les coups de menton ni céder aux postures, c’est garantir à la Nation un budget et une direction claire. Nous appelons Emmanuel Macron à prendre ses responsabilités et à ouvrir sans délai un chemin de dialogue véritable avec le Parlement et les Français.
Chantal Cutajar
Présidente de CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen
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