À Trappes, c’est le droit de vivre sans avoir peur de ce que l’on est qui a été attaqué
L’attaque meurtrière perpétrée vendredi à Trappes et à La Verrière a coûté la vie à un homme et fait plusieurs blessés. Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête, notamment sur le fondement de qualifications terroristes à caractère raciste.
CAP21–Le Rassemblement Citoyen exprime sa profonde solidarité avec les victimes, leurs proches et tous ceux que cette violence a plongés dans la peur.
La justice devra établir les circonstances exactes de cette attaque et les motivations de son auteur présumé. Mais la gravité des faits nous oblige, dès aujourd’hui, à une réflexion collective.
Dans notre République, personne ne devrait avoir à craindre pour sa vie en raison de son origine, de sa couleur de peau ou de sa religion réelle ou supposée.
Lorsqu’une personne est prise pour cible pour ce qu’elle est, ou pour ce que son agresseur imagine qu’elle est, c’est le principe même de notre vie commune qui est menacé.
Nous ne pouvons pas nous contenter de condamner la violence lorsqu’elle éclate.
Le racisme se nourrit aussi de la banalisation des préjugés, de la désignation de boucs émissaires et de discours qui finissent par présenter certains de nos concitoyens comme des étrangers à leur propre pays.
Les mots ont un poids. La parole publique engage une responsabilité particulière. Ceux qui exercent des responsabilités politiques doivent mesurer les conséquences de leurs discours lorsqu’ils opposent les citoyens les uns aux autres, entretiennent les peurs ou instrumentalisent les différences.
Cette exigence ne dispense évidemment pas l’État de sa première responsabilité, protéger les personnes, prévenir les violences et garantir que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice.
Mais la sécurité ne saurait être dissociée de l’égalité.
Une République qui protège doit être une République qui protège chacun, sans distinction.
C’est cette conviction que CAP21 entend porter.
Nous refusons que la peur devienne le quotidien d’une partie de nos concitoyens. Nous refusons que la haine s’installe comme une opinion ordinaire. Nous refusons que l’on s’habitue à voir l’appartenance à la communauté nationale contestée à certains Français en raison de leur origine.
La République ne se mesure pas seulement aux valeurs qu’elle proclame.
Elle se mesure à la possibilité, pour chacun, de vivre librement, en sécurité et dans la dignité.
Chantal Cutajar
Présidente nationale de CAP21–Le Rassemblement Citoyen
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