Les 23 et 24 avril, les ministres de l’environnement du G7 se réunissent à Paris, sous présidence française, pour préparer les grandes échéances internationales à venir.
À première vue, l’agenda est dense : biodiversité, océans, eau, résilience, lutte contre les pollutions, réduction des émissions de méthane. Autant de sujets essentiels, qui témoignent d’une volonté d’agir.
Mais une réalité s’impose, et elle ne peut être éludée :
👉 la question climatique, pourtant centrale, n’est pas traitée frontalement dans ce cadre.
Une écologie internationale sous contrainte
Ce choix n’est pas anecdotique. Il traduit les difficultés croissantes à construire un consensus entre grandes puissances dans un contexte de tensions géopolitiques, énergétiques et économiques.
Face à ces divergences, la stratégie adoptée consiste à avancer sur des sujets jugés plus consensuels — biodiversité, eau, adaptation — plutôt que d’affronter directement les points de blocage, en particulier la question des énergies fossiles.
Ce mouvement de contournement interroge.
Peut-on durablement traiter les conséquences sans affronter les causes ?
Peut-on construire une politique environnementale ambitieuse sans aborder de front la question climatique ?
À CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen, nous pensons que la réponse est non.
Ne pas contourner, mais affronter
L’écologie ne peut pas être une variable d’ajustement des équilibres diplomatiques.
Elle doit être une boussole.
Car les faits sont là :
le dérèglement climatique s’accélère,
les atteintes à la biodiversité se multiplient,
les risques environnementaux deviennent systémiques.
Dans ce contexte, reculer sur le climat, même temporairement, affaiblit la crédibilité de l’action internationale.
Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas agir sur les autres leviers — bien au contraire.
Mais cela impose de garder une cohérence d’ensemble et une capacité à affronter les sujets structurants.
Le rôle déterminant des territoires
Face à ces limites du niveau international, une autre évidence apparaît :
👉 la transition écologique ne se joue pas uniquement dans les enceintes diplomatiques.
Elle se joue dans les territoires.
C’est à l’échelle locale que les politiques prennent corps :
qualité de l’air, gestion de l’eau, adaptation au changement climatique, aménagement urbain, mobilités, énergie.
C’est aussi à cette échelle que se construit l’adhésion.
Or, aucune transition ne peut réussir sans les citoyens.
Elle ne peut être imposée. Elle doit être comprise, partagée, co-construite.
Une écologie réconciliée avec le réel
C’est le choix que porte CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen.
Une écologie :
- exigeante dans ses objectifs,
- lucide sur les contraintes,
- réconciliée avec l’économie,
- ancrée dans le réel des territoires.
Une écologie qui protège, qui anticipe, mais aussi qui embarque.
Car la transition écologique ne se décrète pas.
Elle se construit, pas à pas, avec les acteurs locaux, les élus, les entreprises et les citoyens.
Transformer les blocages en leviers d’action
Le G7 Environnement envoie un signal clair :
le consensus international est devenu fragile.
Mais cette fragilité ne doit pas conduire à l’inaction.
Elle doit au contraire nous conduire à repenser notre manière d’agir.
👉 Ne pas attendre un alignement parfait des États.
👉 Ne pas renoncer face aux blocages.
👉 Ne pas opposer ambition écologique et acceptabilité sociale.
Mais construire, à chaque niveau, des solutions concrètes, efficaces et partagées.
Une responsabilité politique
L’écologie ne peut pas avancer par contournement.
Elle doit affronter les blocages, les dépasser et proposer des chemins crédibles.
C’est à cette condition qu’elle redeviendra une force de transformation, et non un sujet de division.
À CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen, nous faisons le choix de cette exigence.
Parce que le respect du vivant ne peut pas être une option.
Parce que la transition écologique est une nécessité.
Et parce qu’elle doit être portée avec responsabilité, lucidité et détermination.
Chantal Cutajar
Présidente CAP21
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