• La réécriture de l’article 1er pour en délimiter le champ aux seules compétitions en délégation de service public, en excluant explicitement les pratiques de loisir, d’animation locale non encadrées par une fédération délégataire ;

• La prévision d’un décret d’application, définissant les modalités pratiques, les garanties de procédure et les critères objectifs d’interprétation pour éviter les inégalités de traitement ;

• L’introduction d’une clause de revoyure parlementaire, dans un délai de deux ans, pour évaluer l’impact de la loi sur les libertés fondamentales, la pratique sportive et la cohésion sociale ;

• La création d’un Observatoire indépendant de la neutralité dans le sport, chargé de documenter les pressions idéologiques, de formuler des alertes et de conseiller les fédérations dans la mise en œuvre du principe de laïcité.

La réalité contemporaine impose de ne pas être naïfs. L’entrisme de certains courants de l’islam politique, y compris dans les structures sportives, est aujourd’hui bien documenté. Le sport, espace d’émancipation, peut être instrumentalisé comme espace de pression sociale ou de normalisation religieuse.

Cette captation de l’universel est inacceptable. Mais notre vigilance ne doit pas se muer en obsession. Nous devons résister sans stigmatiser.

Nous n’oublions pas non plus que dans d’autres régions du monde, notamment en Iran, en Afghanistan, le voile est un instrument de contrainte politique. Il est imposé par la loi, par la peur, par la violence. Celles qui luttent pour le retirer le font au prix de leur liberté, parfois de leur vie.

C’est pourquoi nous refusons d’aborder ce débat en France comme s’il s’agissait d’une simple question de liberté individuelle. Le voile, dans certains contextes, n’est pas un choix. Et dans notre pays, il est parfois la vitrine d’une stratégie politique. Les démocraties, parce qu’elles garantissent les libertés, sont exposées à ceux qui cherchent à les subvertir de l’intérieur.

À trop tolérer l’intolérance, elles risquent d’effacer les fondements mêmes qui les rendent possibles.

C’est pourquoi nous défendons une République qui n’a pas peur de dire non aux tentatives de captation idéologique, mais qui le fait dans le respect du droit et des principes fondamentaux.

La laïcité n’est pas un outil d’exclusion, mais un rempart contre toutes les formes de domination. Elle est notre bien commun. Elle mérite d’être défendue avec lucidité, sans excès, sans faiblesse, sans haine.